NÎMES — LE DENIM ET LA MÉMOIRE
Avec cette exposition consacrée au denim, j’ai souhaité explorer une matière qui porte en elle une histoire profondément liée à Nîmes. Travailler sur ce textile emblématique était pour moi une façon de faire dialoguer la peinture, la mode, le patrimoine et l’identité de ma ville.
J’ai choisi de peindre directement sur le denim, et notamment sur des poches de jeans Levi’s, en faisant de ce support du quotidien un véritable espace de création. La poche, avec sa forme immédiatement reconnaissable, est devenue le point de départ d’un travail plastique autour de la matière, de la trace et de la mémoire.

À travers cette série, j’ai voulu mettre à l’honneur Nîmes et ses monuments les plus célèbres. Ils apparaissent sur le textile comme des fragments de ville, des signes familiers venant s’inscrire sur cette toile bleue. Le patrimoine nîmois rencontre ainsi un matériau devenu universel, tout en conservant le lien symbolique avec son origine.
Mon intention était aussi de respecter l’identité du denim : ses nuances, son grain, ses coutures, son usure et cette façon particulière qu’il a de se transformer avec le temps. Plutôt que de masquer la matière, j’ai cherché à peindre avec elle, à utiliser ses caractéristiques et à laisser le textile participer pleinement à l’œuvre.
Cette exposition a pu prendre place grâce à Monsieur Franck Proust, qui m’a permis de présenter ce travail dans le showroom Cacharel de Nîmes Métropole. Ce lieu, lui-même associé à l’histoire de la création et du textile nîmois, offrait un écrin particulièrement cohérent à cette série.
Installer ces œuvres dans cet espace a permis de réunir plusieurs dimensions qui me sont chères : la peinture, la matière, la mode, l’histoire locale et le patrimoine. Le denim quittait alors sa fonction de vêtement pour devenir support artistique et territoire d’expression.
Cette exposition reste pour moi une belle manière de raconter Nîmes autrement. À travers une poche de jean, une couture, une nuance de bleu ou la silhouette d’un monument, j’ai voulu rendre hommage à une ville, à son histoire et à une matière qui a voyagé dans le monde entier, tout en gardant dans son nom et dans sa mémoire quelque chose de profondément nîmois.